Pourquoi mon enfant autiste enlève-t-il ses chaussures ?

Why Does My Autistic Child Take Off Their Shoes?

Alors, ton enfant n'arrête pas d'enlever ses chaussures…

À l'école.
Dehors.
Parfois dans des endroits où ce n'est pas sûr.

Tu es inquiet·ète.
Peut-être perplexe.
Peut-être frustré·e.

Laisse-moi essayer d'éclairer un peu tout ça en te racontant ce que les chaussures me font ressentir — et comment je gère ça personnellement.

Je suis autiste.
Et moi aussi j'enlève mes chaussures.

Pas pour faire des histoires.

Parce que, parfois, elles sont insupportables.

Ce que “inconfortable” veut vraiment dire

Pour beaucoup de personnes autistes, les sensations ne s'estompent pas à l'arrière-plan.

Elles restent.

Quand tu mets des chaussures, tu les remarques peut-être quelques minutes.
Puis ton cerveau les filtre.

Pour moi — et pour beaucoup de personnes autistes — ce filtrage ne se produit pas.

Les chaussures combinent :

  • Chaleur
  • Pression
  • Coutures
  • Étroitesse
  • Mouvement restreint

Pour certain·es d'entre nous, cet input ne devient jamais “normal”.

Il reste perceptible toute la journée.

Ça peut faire l'effet de porter des gants toute la journée

Imagine porter des gants en permanence.

Même s'ils ne font pas mal, tu finirais par vouloir :

  • Sentir l'air
  • Bouger librement
  • Ne pas avoir quelque chose d'enroulé autour de toi

C'est ce que peuvent faire ressentir les chaussures.

Les enlever, c'est de la régulation.
Pas de la rébellion.

Mon expérience hivernale

Personnellement, ce qui me gêne le plus, c'est la sensation de chaleur et de me sentir “piégée” dans une chaussure.

Alors j'ai testé quelque chose.

Un jour de début février en Suisse (environ 2 °C), je me suis habillée entièrement pour l'hiver :

Manteau.
Écharpe.
Gants.

Aux pieds ? Des sandales à enfiler.

Je voulais savoir ce qui était pire :
Le froid — ou les chaussures ?

Je n'ai pas remis de bottes avant l'été.

Tant que je ne suis pas debout dans la neige, je suis plus à l'aise en sandales.

Voilà à quel point l'inconfort est fort.

Une personne peut avoir un besoin urgent de sortir d'une paire de baskets à l'école —
tandis qu'une autre insiste pour porter des chaussures fermées tout l'hiver.

Les besoins sensoriels ne relèvent pas de la logique.

Ils relèvent de la régulation.

Ce qui paraît extrême de l'extérieur peut sembler tout à fait nécessaire de l'intérieur.

Priorise toujours la sécurité — les routes, les objets tranchants et les températures extrêmes sont de vrais risques.
C'est ce qui fonctionne pour moi.

Quels types de chaussures ont tendance à mieux fonctionner

Toutes les chaussures ne se valent pas.

Certaines caractéristiques font une grande différence :

  • Semelles souples et flexibles (même des chaussures de type gymnastique peuvent aider)
  • Bouts larges (beaucoup de marques proposent des modèles “larges” — ou prendre une taille au-dessus peut réduire la pression)
  • Coutures internes minimales
  • Matières respirantes (Geox est souvent étonnamment bon pour ça)
  • Modèles faciles à enfiler et à retirer (Skechers a une collection “Slip-Ins”)
  • Options à talon ouvert, comme les sandales à enfiler
  • Mocassins en cuir souple — assez élégants pour le travail, faciles à retirer discrètement
  • Velcro, panneaux élastiques ou lanières ajustables au lieu de laçages rigides

Et oui — des chaussettes confortables comptent aussi.
Mais c'est tout un sujet en soi.

Parfois, il est aussi utile d'ignorer les règles saisonnières strictes :

Des sandales par temps froid.
Des bottes de neige par temps plus doux.

Le but n'est pas la mode.

C'est le confort du système nerveux.

Astuces bonus pour assouplir des chaussures neuves

Si les chaussures neuves sont le plus gros problème, deux choses peuvent vraiment aider :

1. Assouplis-les progressivement à la maison.
Porte-les à l'intérieur avec d'épaisses chaussettes de ski lors de courtes sessions.
Les chaussettes réduisent la friction et adoucissent les points de pression avec le temps.

2. Consulte un·e podologue.
Il ou elle peut évaluer la forme du pied, recommander des modèles adaptés et parfois assouplir ou élargir les chaussures de façon professionnelle.

C'est utile que tu sois autiste ou non.
De bonnes chaussures profitent à tout le monde.

Ce qui aide vraiment le plus

Tu ne peux probablement pas supprimer les chaussures complètement.

Mais tu peux réduire la détresse :

  • Autorise de courtes pauses pieds nus quand c'est sûr
  • Choisis la flexibilité plutôt que la rigidité
  • Priorise le confort sur la convention

Si ton enfant n'arrête pas d'enlever ses chaussures, il communique très probablement quelque chose de réel.

Pas de la défiance.

De l'inconfort.

Quand tu changes la question de :

“Pourquoi ne garde-t-il pas ses chaussures ?”

à :

“Qu'est-ce que porter des chaussures lui fait ressentir ?”

la situation devient souvent plus claire.

Et plus sereine.

Comprendre change la réponse.

Et cela peut tout changer.

Une petite invitation

Chaque avril a lieu un défi pieds nus pour l'autisme qui encourage les gens à montrer leur soutien aux personnes autistes et à celles ayant des différences de traitement sensoriel — et à faire elles-mêmes l'expérience de ce que l'on ressent en marchant pieds nus.

Il ne s'agit pas de copier un comportement.

Il s'agit de remarquer à quel point le confort sensoriel peut être puissant.

Même de petites expériences peuvent faire évoluer la perspective.

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